L’Inde c’est vendredi. Quand je fais 20 mètres avec ma moto, et que je me rends compte que la roue avant est crevée.

L’Inde, c’est quand le gardien de l’immeuble, celui qui dort tout le temps comme tous les autres gardiens, sauf pour diwali pour te demander sa prime annuelle – il te dit avec un large sourire, en pointant du doigt ta roue : « ponk’tchure ».

L’Inde, c’est quand tu lui demandes, à ton gardien, où c’est que tu peux la faire réparer, ta roue crevée.

L’Inde, c’est quand le gardien, il te dit à droite, mais que l’autre gardien, il te dit à gauche.

L’Inde, normalement, t’as pas besoin de 2 gardiens de toute façon, c’est juste pour faire croire que l’immeuble est classe.

L’Inde, faut surtout décider lequel des 2 gardiens tu va suivre, sachant que ni l’un ni l’autre ne parle anglais.

L’Inde, c’est quand t’as tes 2 gardiens qui rentrent dans un débat en Maharati, mais que l’Hindi, déjà, c’est pas facile, alors le Maharati…

L’Inde, c’est quand tu décides de partir à gauche. Simplement parce que.

Et puis l’Inde, c’est quand tu fais 3 mètres à gauche, que tu redemandes au Pan shop où c’est qu’ c’est que tu peux faire réparer. Et qu’une fois de plus, t’en as un qui dit à droite, et l’autre qui dit à gauche.

L’Inde, c’est quand tu prends finalement à gauche, alors.
Et que c’était une bonne idée, parce que pas loin à gauche en Inde, tu peux faire réparer ta moto. Ceci dit, pas loin à droite, tu peux aussi faire réparer ta moto…

Et puis finalement, l’Inde, c’est que ta moto, elle est réparée, vite vite. Et pour pas grand chose, en plus.
Sauf que l’Inde, c’est que t’es obligé de revenir réparer ta moto 3 heures après, parce que le spécialiste es pneu a négligemment laissé trainer un petit bout de fer sur ta chambre à air.

L’Inde, c’est que même après avoir réparé ta chambre à air une première fois, l’avoir changer 3 heures plus tard, tu retrouves une fois de plus ton pneu à plat le dimanche. Alors l’Inde, c’est que t’en as marre, mais que tu luttes et tu y retournes. L’Inde, c’est de mettre la chambre à air défoncée comme une capote sur une nouvelle chambre à air.

Oui mais l’Inde, c’est que le lundi… Et oui, encore le lundi. Alors l’Inde, c’est que tu vas boire un verre de jus de canne à sucre pour te détendre pendant qu’un énième spécialiste es pneu te répare la nouvelle chambre à air, et remet la capote à la fin.
Et l’Inde, quand tu rentres enfin chez toi, c’est de se rendre compte que le mec t’a pété ta béquille, et que ta moto ne tient plus debout.

Des fois, l’Inde, c’est fatigant quand même.