Petit cours d’anglais, en l’honneur de la maîcresse qu’a bientot internet. To bargain, ça veut dire marchander. Mais marchander en Inde, c’est un art incontournable. Bien savoir marchander, c’est obtenir un prix de 30 Roupees pour une carte de l’Inde qu’on a payé 200 (ce qui a bien fait marrer nos amis indiens, d’ailleurs).
Ce matin, j’avais décidé de me reposer un peu, et un des très nombreux dieux indiens a du m’entendre. A 10h, quand mes roomates Mathieu, Thomas et Armand sont partis en cours, je dormais encore. 10 minutes plus tard, je les entends rentrer : aujourd’hui a eu lieu un festival, ou une célébration, et les cours ont été annulés. Classique.
L’occasion pour nous de partir assez tot pour visiter Pavarti Hill. C’est un lieu que nous souhaitions visiter depuis longtemps, tous les guides en parlent. Pavarti est la déesse indienne que prient les femmes mariées pour apporter santé et longevité à leur mari, mais c’est surtout la mère de Ganesh, dieu le plus prié en Inde.
Comme d’habitude quand on sort, c’est toujours un peu l’aventure. Et comme toutes les aventures, celle-ci commencent par la négociation avec le chauffeur de rickshaw. Pavarti Hill, c’est à environ 1h30 de l’I2IT. D’entrée de jeu, le parrain nous propose 400 roupees pour le trajet. Je l’appelle le parrain, parce qu’il gère tous les rickshaws de l’infotech park, c’est louche. Et 400 roupees, c’est l’arnaque, mais ça on le sait. Je propose donc 150, c’est ce qu’on appelle casser les prix.
Le problème, c’est qu’on était 4. Un rickshaw, c’est bien pour 3 personnes (et 3 petits indiens, pas 3 comme Mathieu ou Armand). Quand je lui demande 150 roupees, sa réaction est rapide (mais travaillée). Il prend l’air offusqué, nous propose tout de suite 350 roupees, on refuse et… :


Il se barre. Normal, ils font tout ça. Donc nous on aussi, on commence à faire demi-tour (ça fait partie du jeu). Il nous rappelle, nous propose 300. Mais non, nous c’est 200, jamais plus, mon gars.
Lui : En bus, ça vous coûte 100 par personne, je peux pas faire moins.
Nous : bah c’est dommage.
Lui : ok montez pour 250.

Direction Pavarti Hill, à peine plus de 10 minutes de négociation et un bon prix. C’est cool.
On est 4 dans le rickhsaw, ça veut dire 3 sur la banquette qui sont déjà bien serrés plus un quatrième sur les genoux de celui du milieu. A l’indienne, quoi, avec du contact humain, c’est normal. Après 30 minutes de trajet pas forcément très confortable, il s’arrête le long de la route, sort du rickshaw et nous demande d’attendre. Il revient et nous dit qu’il a reçu un coup de fil et qu’il doit rentrer de façon urgente, et que donc on doit changer de rickshaw (mais il a déjà trouvé l’autre chauffeur). En fait, ce truc, ils le font tous. Comme c’est super loin de l’endroit où ils bossent, ils se passent le relai. On lui file donc 150, et on redit bien au nouveau chauffeur qu’on lui filera 100. Ok, ok. Direction Pavarti Hill, une deuxième. La route est plus confortable, le chauffeur un pilote de course. Il râle sur les vélos qui l’empêchent de tourner, rigolent avec nous, tout en conduisant. Après 15 minutes de trajet, il s’arrête sur le bord de la route pour demander le trajet.
Ah oui, il faut aussi savoir ça. Tous les chauffeurs ont une bonne connaissance de Pune et de ses alentours, mais qui restent superficielle. Ils savent dans quel coin se trouve ce qu’on leur demande, mais à peu près seulement. Donc quand on se rapproche (ou quand le chauffeur PENSE se rapprocher) de la destination, on s’arrête pour demander la route, ou on demande directement sur la route. Sur l’autoroute, on s’arrête pas et on demande au chauffeur de rickshaw en venant se coller à lui.

La direction est bonne, ils se parlent en Maharati, on comprend juste « Pavarti » dans leurs phrases. C’est toujours ça, au moins ils nous emmènent au bon endroit.
A Pavarti Hill, comme dans tous les temples, il faut enlever ses chaussures en entrant. Un gardien les entrepose pour 2 roupees, ça va. A l’intérieur, des enfants qui jouent, des jolies temples, et une superbe vue. Dans « Pavarti Hill », il y a aussi « Hill », colline en anglais. L’occasion de faire quelques photos de paysage…

Vue de Pavarti Hill

Thomas, pensif

Sommet du temple de Pavarti

Cette photo est celle du sommet du temple de Pavarti. Mais là bas, on trouve aussi le temple d’une déesse à corps de poisson ou de tortue, suivant les représentations, un petit temple à Nandi, le dieu vache, et d’autres temples pour toutes les requêtes pouvant exister. Quand un croyant arrive dans un temple, c’est toujours le même cérémonial. En montant les marches, il touche d’abord le sol avec sa main et se signe avec (mais pas tout à fait comme le signe de croix chrétien). Ensuite, il s’approche de la grosse cloche et la sonne, une ou plusieurs fois. Il salue ensuite la statue à travers la grille, puis s’agenouille ou s’asseoit sur le sol marbré, qui est parfois décoré de poudres colorées. Dans certains temples, on entend de la musique. La fin de la prière se termine toujours par un ou plusieurs tours du temple dans le sens des aiguilles d’une montre, puis d’une salutation avant d’aller remettre ses chaussures. Si des petites statuettes sont présentes à l’entrée, par exemple celle de Ganesh à l’entrée du temple de Pavarti, il convient de les saluer à l’arrivée. On trouve souvent sur toutes les statues des offrandes, en général florales, des bougies, de la poudre colorée, etc.
La visite d’un temple est toujours quelquechose d’agréable et les indiens ne semblent pas rétissant à ce que des occidentaux à l’allure de touristes viennent découvrir les temples. On évite quand même de sortir notre appareil photo, ce qui serait déjà moins bien vu je pense.
A coté des temples se trouve un petit musée, dont le prix d’entrée était dérisoire (5 roupees). A l’intérieur, des collections de trucs et bidules, comme dans beaucoup de musées indiens. Des vieilles fourchettes, des portraits d’anglais influents pendant la colonisation, une collection de pièces de monnaie, des vieilles armes… Les musées ici, ça semble toujours être la même chose. Des vieilles étagères pas toujours bien éclairées où sont entreposés des trucs et des bidules, avec des descriptions en Hindi qui ne semblent pas intéressées les touristes indiens. Et nous on a encore un peu de mal à déchiffrer, faut dire. Même si mon vocabulaire Hindi s’améliore de jour en jour, ça ne reste que purement oral.

Après cette découverte bien sympa, petite promenade dans le centre ville, M.G. Road principalement. Nous nous sommes même aventurés dans des rues moins commerçantes ou les touristes deviennent très rares. Comme d’habitude, aucun problème. Le seul endroit où des enfants nous ont demandé de l’argent (« i’m hungry, i promise. I’m hungry, i promise… »), c’était près des grands centres commerciaux…
J’ai acheté dans une boutique quelques chocolats, je préfère donner ça que de l’argent directement. Pendant le retour en rickshaw, des enfants slalomaients entre les voitures arrêtées au feu rouge pour vendre des journaux. Après avoir essayé de nous vendre son papier, il nous a demandé de l’argent, ou un chocolat. Je lui en ai donné un, il était plus que ravi. Le chauffeur de rickshaw (avec qui nous avons encore plus marchandé !) a rigolé, et un autre gamin est tout de suite arrivé pour demander un chocolat… Le feu passait au vert, et de toute façon, j’en avais plus de chocolat.
C’est ça le problème de donner. On peut donner à un, ça fait plaisir de voir son sourire. Mais on ne peut pas donner à tous, et donner ne résoud finalement rien. Plus on donne et plus on les encourage à rester au feu rouge pour mandier.
Problème compliqué… Mais j’essaye d’avoir quand même sur moi des chocolats !