Se déplacer en Inde, c’est déjà un voyage. Le train direct Mumbai Udaipur est une nouvelle ligne, il faut compter 16 heures pour rejoindre une ville à l’autre. C’est un peu plus qu’en bus, mais le confort devrait être supérieur.

Il y a classes différentes, du moins confortable au plus cher :

  • 2nd Sitting : de simples places assises, mais le nombre de tickets en vente est illimité.
  • Sleeper Class : Wagon couchette, 6+2 par compartiment. Confort limité, prix très accessible.
  • 3rd AC : La clim’ pour pas trop cher, les wagons sont les mêmes qu’en Sleeper.
  • 2nd AC : La clim’ et le confort. Choix intéressant si le budget le permet. 4+2 par wagon.
  • 1st AC : première classe, presque aussi chère que de prendre l’avion.

Wagon Sleeper Class
Une banquette en Sleeper Class, le dossier se remonte pour faire 2 couchettes.

En Sleeper Class, on appréciera les nombreux vendeurs de thé, biscuits, fruits et légumes etc, qui circulent dans les allées et vous proposent leurs produits. Par contre, ils sont relativement bruyants et commencent leur travail dés le lever du soleil…

Les voici en vidéo :

En contrepartie, les voyageurs en Sleeper Class ont aussi droit aux mendiants de tous types : nettoyeurs de chaussures, balayeurs, ramasseurs de bouteilles en plastique, estropiés…
Cette fois, ce sont des hirjas qui sont venus taquiner le blanc de service. Car un occidental est toujours une cible privilégiée pour les mendiants, car il est toujours plus riche que les autres, et plus sensible à la pauvreté devant ses yeux.
Les hijras, ce sont ces personnes asexuées, souvent nées comme tel ou devenues après castration. Ni hommes ni femmes, les hijras s’habillent en sari et vivent de la mendicité. Le hijra est arrivé et s’est assis en face de moi, pendant que son ami(e) insistait sur les indiens de mon compartiment. Tout en me touchant le genoux de façon répétée, Il/Elle m’a expliqué que moi je pouvais faire des choses que lui/elle ne pouvait pas faire, avec mimes, symboles et démonstrations à l’appui.
Après un discours en hindi qui a plus traumatisé mon amie que moi, le hirja a même soulevé son sari devant nos yeux ébahis. Comme tous les indiens en face de mendiants, nous sommes restés impassibles, mais c’était à ce moment plutot difficile… Il a ensuite insisté sur le coté « vous pouvez je ne peux pas », nous a remontré ce qu’il avait sous son sari, et nous a jeté une malédiction.

Après leurs départs du wagon, les voyageurs sont restés très silencieux… Mais nous n’aurons rien laché, et je pense que c’est mieux ainsi.

L’intérêt de prendre un billet dans une classe supérieure, c’est principalement d’éviter ce genre de désagréments. Il ne faut pas non plus être extrême, les incidents sont rares, et les vols n’existent que sur les lignes trop touristiques, comme Delhi Agra.

Pendant le trajet, j’ai même lancé un défi de sudoku à mon voisin gujarati, qui se disait très bon à ce jeu. En l’occurence, il m’a battu assez facilement, et a ensuite tenu à m’expliquer les règles du jeu – dans un anglais très moyen. Et ce de la première règle à la dernière, sympa…
Ce même gujju a fait quelques tours de magie complètement bidons, mais toujours droles, ce à quoi j’ai répondu par des tours plus recherchés. Ca fait 1-1 contre le frimeur indien !

Des rencontres très variées, des curieux, des mendiants… Tout un article et je n’ai même pas commencé à vous raconter mon voyage à Udaipur !

Railway Station