Et voilà, ça fait 6 mois qu’on est là. 6 mois loin, très loin de vous. Mais pas tant que ça. Et 6 mois de bonheur quand même, grace à des cartes postales qui parlent de flammenkuche (même si on sait pas vraiment comment ça s’écrit, ni comment ça se prononce), de tartiflettes, de savourantes tranches de jambon… 6 mois à passer du temps, à essayer laborieusement de chater malgré une connexion à Internet plutot faiblarde. 6 mois à s’intégrer, à apprendre l’accent (parce que la langue, c’était déjà presque ça).
6 mois avec des coupures quand même, la venue des parents, l’arrivée de nouveaux français à l’I2IT (…mais surtout la venue des parents !). 6 mois à se dire que non, les études indiennes, c’est pas vraiment pour nous. Mais 6 mois de rencontre avec des vrais amis, sincères malgré la différence culturelle. 2 voyages, l’un en famille l’autre entre nous.
6 mois de bouffe à la cafète, plateau repas dégueulasse avec supplément Chicken Strong Noff, cheese grilled et autres salades de fruits frais. 6 mois de cours un peu trop théoriques, 6 mois à répéter que non, je ne serai pas le premier de la classe à mes collègues (la preuve dans quelques jours !). 6 mois à chater avec des indiennes, plutot que de leur parler vraiment… Quelques rencontres françaises, une vision globale de l’expat’.

Il y a 6 mois jour pour jour, j’étais rendu sur Paris, après des adieux mémorables (et arrosés) à la petite gare d’Angers. Il y a 6 mois, je ne savais pas ce qui m’attendait… Et pourtant, je m’en souviens comme si c’était hier. Ces imbéciles, qui courent à coté du train… Ces lettres, gardées précieusement…

Mais alors, je suis content ou pas, après 6 mois ? Comme dirait Gainsourg (No comment), Affirmatif ! Oui, s’expatrier amène des sacrifices… Mais apporte tellement de nouvelles choses ! On parle d’ouverture d’esprit, d’expérience extraordinaire… Je n’ai certainement pas assez de recul pour juger, mais ça en vaut certainement la peine. Avec le temps, on se rendra compte que ces sacrifices ne sont pas si énormes. C’est sur le moment qu’il faut savoir les gérer. Heureusement, les amis sont là, la famille est là… Et le méridien aussi ! (ça c’est juste une blague).

Mais alors, si 6 mois sont passés… Et il en reste encore 6 !? Et oui, on attaquerait presque le compte à rebours. Ca, ça serait si on savait « quand est-ce qu’on rentre »… Ces 6 prochains mois sont flous, mais on les attend avec un grand sourire.
En ce qui me concerne, dans 2 semaines arrive Marjo. 2 semaines de voyage à travers le Rajasthan. Ensuite, c’est les vacances, et ça c’est bien. Elles commenceront par le mariage du frère de Swapna, certainement l’indienne dont je suis le plus proche. La moitié de la classe y sera, un voyage avec mes amis indiens… J’attendais cette chance avec impatience ! Ensuite, j’aimerais visiter leurs maisons, leurs villes… Ils viennent de tellement d’endroits différents ! Ca changera des endroits hyper touristiques qui deviennent assez vite lassant. Si mes flans se démoulent sans accroc, je devrais passer par des endroits un peu chauds (genre le bihar). C’est un grand plaisir pour moi d’être accueilli, et je pense que c’est réciproque. En tout cas, Swapna était plus que ravie que j’accepte l’invitation au mariage (oui comme si j’allais dire non !).

Et après ça ? Retour aux cours, il va bien falloir. Après un second trimestre plus qu’inutile, l’arrivée de projets plus consistants devrait nous occuper sérieusement. Ce sera la période où mes collègues de classe trouveront leur placement, où les entreprises viendront recruter directement à l’école… Vais-je moi aussi prendre part aux entretiens ? …
En fait, c’est déjà fait. Cap Gemini Bombay est à la recherche d’un frenchie networking. Ca tombe bien, c’est moi. Mis à part ça, le VIE commence à faire son apparition dans nos discussions… A suivre, il nous reste 6 mois pour nous décider ! Dans tous les cas, un retour/ravitaillement de bonheur à la française sera incontournable, quelque soit la potentielle destination suivante…

Bah oui, on y prit vite goût à toutes ces bêtises…